mar 04

“L’homme descend du singe”, voila une sentence, élevée au rang d’aphorisme, que l’on entend un peu partout. Balivernes parmi d’autres. L’homme ne descend pas du singe, c’est un singe (I). L’homme ne descend pas du singe, il a simplement un ancêtre commun avec lui (II).

I. L’homme ne descend pas du singe, c’est un singe

Vous pouvez chercher jusqu’à plus soif à quelle espèce correspond l’appellation (d’origine controlée) “singe”, vous n’en trouverez pas, et pour cause : “singe” désigne un ensemble d’espèces partageant des caractères communs, pas une espèce à part entière. C’est le même problème pour “oiseau”. Un oiseau n’est pas une espèce, mais une appellation générique, qui désigne l’ensemble des bêtes qui grosso modo ont des ailes, des plumes, un bec et dont les filles pondent des oeufs (n’attendez pas une ponte mâle). Un phylogénéticien (un mélange d’informaticien et de rat de labo qui s’intéresse de près aux relations de filiations entres espèces), parlerait de groupe monophylétique, c’est à dire un ensemble d’espèces partageant un ancêtre commun et regroupant l’ensemble de ses descendants.
“Singe” désigne un noble représentant de l’ordre des primates. Autrement dit, l’homme ne descend pas du singe, l’homme est un singe. Dans la même veine, l’autruche a beau être assez atypique par rapport aux oiseaux que l’on peut rencontrer dans nos contrées, elle ne descend pas de l’oiseau : c’est un oiseau.

II. L’homme ne descend pas du singe, il a simplement un ancêtre commun avec lui.

- “Bon, ok, a la place de singe je voulais dire chimpanzé, ou gorille, ou orang-outang, enfin tout ça c’est pareil, c’est des animaux” rétorqua le creationniste.

- “Erreur, ils sont plutôt cousins”, s’écrie le phylogénéticien entre deux migraines.

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par Vinche
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