Rappel des faits
Dans son rapport présenté devant le Conseil de l’Europe le 8 juin 2007, l’ancien député français Guy Lengagne (photo - Site de la Communauté d’Agglomérations du Boulonnais) dénonçait les dérives créationnistes auxquelles s’expose le système éducatif européen. D’une étude approfondie des bases de la théorie de l’évolution et des thèses créationnistes passées et actuelles, Guy Lengagne tirait les conclusions suivantes : « L’évolution est une théorie centrale pour comprendre l’univers de la vie sur Terre. Le créationnisme […] n’est pas basé sur des faits, n’utilise pas de raisonnement scientifique et son contenu est désespérément inadapté aux classes scientifiques. » En conclusion, il invitait le Conseil de l’Europe à adopter une résolution visant à « réagir avant qu’il ne soit trop tard » afin de protéger « les valeurs qui sont l’essence même du Conseil de l’Europe. »
Conférence donnée le 9 Janvier 2008 au Collège Las Cazes (Montpellier) dans le cadre d’une journée de réflexion autour de l’enseignement de la science et de la philosophie dans les collèges dits “difficiles”.
L’enseignement de la science tel qu’il est fait actuellement ne permet pas de réfléchir directement, ni de donner la sensation que pour leurs constructions personnelles les écoliers ont à y gagner.
Je poserai deux concepts, qui à mon idée ne sont pas traités de la bonne façon, ce qui nous prive d’une mine d’or pédagogique : celui de la procréation, très courant et qui parle tout de suite, et un autre, un peu plus abstrait, celui d’indécidabilité.
La procréation. C’est un thème extraordinaire, dont tout le monde a entendu parler, et dont on sait que ça marche, mais dont la science a été incapable de dire quelque chose d’intelligent jusqu’à il y a environ 150 ans. On n’a dit que des sottises à ce propos. Les philosophes grecs ont proposé que faire un troisième être à partir de deux personnes, l’apparence était celle là, mais que cela ne se passait pas comme cela dans la réalité. L’individu, indivisible par définition, ne pouvait provenir de deux sources ; après réflexion tout le monde s’est mis d’accord sur le fait que c’était l’homme. Selon une image courante, la femme était reléguée au rôle du four, où l’homme était le boulanger, et enfournait sa baguette.
On a crû pendant longtemps que les enfants étaient tout faits dans les organes du père, des homoncules, y compris lors de la découverte du microscope par Leeuwenhoek. La mère n’ajoutait alors que de la nourriture lors de la gestation, pour faire grandir cet homme miniature. Cela a eu des conséquences directes et durables sur la société, reléguant encore plus la femme dans la société. Au fond, tout ce que disait la religion jusqu’ici était confirmé par la science. Les Lumières du XVIIe avaient même renoncé à expliquer la procréation et dans l’encyclopédie de Diderot il y est même inscrit « le mystère de la procréation est tel, que la science ne pourra jamais l’expliquer de manière satisfaisante ». Puis, les ovules sont été découverts, et s’en sont suivis des querelles entres partisans ovistes et autres spermatistes. >>SUITE<<

Tableau de bord
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