#2 : L’Homme et l’Energie

Plume 4 mai, 2008 • Plume! - le Journal
Dossier L’Homme
Sweet Home
 
 
Dossier l’Energie
Plume tape dans les fils
 
 
Table Ronde
 
Perspectives
 
Nomos contre Logos

   

Remerciements
 
Toute l’équipe de Plume! fait des bisous à :
 
Associations OIKOS, Planète éolienne et Vent de colère
Michael Blum, Frank Cézilly, Gilles Vairel et Pierre Bonn
Vincent Calcagno, Eric Imbert.
 
 

Mon psy a lu Darwin
(il veut que je mange du bison)
 
Petit pavé dans la mare sur l’utilisation des idées évolutionnistes en biologie humaine, suite au congrès de l‘IFR Biologie évolutive humaine de 2004 à Montpellier, à la lecture de quelques articles récents, et à diverses discussions avec des médecins, des étudiants en psycho, et des membres de labos de Montpellier.
 
Si la sélection naturelle ne fait pas encore l’unanimité, tant dans la communauté scientifique que dans l’opinion publique, il est un domaine où son application taquine particulièrement les sensibilités: l’évolution humaine. Que se passe-t-il quand on retourne son nouveau jouet scientifique sur soi-même ? Après avoir gentiment chamboulé notre position vis-à-vis du monde animal, avec gonflement crânien et redressement en prime, voilà que les idées évolutionnistes se glissent jusque dans nos comportements quotidiens. Et même jusque sous la couette, puisque, forcément, point de mauvais goût tant que c’est significatif, et surtout que les témoins (à défaut des draps) sont propres.
 
Chi (deux) de mes deux ?
Et l’on voit fleurir les études démontrant une corrélation positive entre volume de l’éjaculât et durée d’abstinence, ou montrant par une analyse de contour de Fourier que les hommes aiment… les gros seins. Interpréter la physiologie et les comportements humains comme des adaptations, voilà une tendance qui se développe. Elle a même donné naissance à une branche de la psychologie, qui se nomme fort à propos « psychologie évolutive ». Certains voient là un lien contre nature entre sciences sociales et sciences exactes, d’autres un échange bénéfique : les biologistes de l’évolution trouvent là de nouveaux sujets d’étude croustillants, et les psychologues une nouvelle théorie explicative. En pratique, les psychologues évolutifs partent du postulat suivant: « c’est plus ce que c’était », ou plus précisément, l’environnement dans lequel nous vivons n’a rien à voir avec celui dans lequel notre espèce a évolué. Notre espèce aurait été façonnée par l’évolution durant le Pléistocène1, et donc la majorité de nos caractéristiques seraient adaptées à l’environnement et au mode de vie du Pléistocène. Cet environnement originel, qui correspond vaguement à un mode de vie de chasseur-cueilleur nomade, est appelé « Environment of Evolutionary Adaptedness » (EEA). La vie d’éleveur sédentaire, et pis encore la vie citadine, ne sont donc que des perturbations récentes, déboussolant littéralement nos esprits et nos organismes conçus au Pléistocène. Ceci serait à l’origine de bien des maux actuels : mal des transports, dépression ,obésité, suicide, infidélité à répétition, voire peut être télé-réalité.
 
La guerre du feu
Ce type de raisonnement est une manifestation de ce que Richard Dawkins appelle la pensée catégorielle: l’esprit humain a une tendance naturelle à faire des catégories discrètes à partir d’un ensemble continu, comme il l’a fait avec les couleurs de l’arc en ciel par exemple.
Classifier binairement les organismes comme « adaptés » ou « non adaptés » à un environnement est très grossier, car l’adaptation est un processus continu, et on ne sait d’ailleurs pas très bien à quelle vitesse l’adaptation est capable de suivre les changements environnementaux. Mais si l’on admet qu’effectivement l’espèce humaine a évolué très longtemps dans un environnement stable, puis que les changements ont été très brutaux, il est tout à fait raisonnable de penser que les adaptations originales se retrouvent brutalement dans un contexte nouveau et causent diverses bizarreries.
Cependant, certains vont plus loin et prônent un retour à l’environnement « originel » (l’EEA), qui tel un eldorado adaptatif, nous assurerait santé et bonheur. Vivre en petits groupes, manger de la viande crue et des racines, accoucher sur un tapis de feuilles, bref, tout faire pour « retrouver » l’environnement pour lequel nous avons été sélectionnés. Ce raisonnement révèle lui une profonde incompréhension du processus d’adaptation. En effet, être adapté à un environnement ne signifie absolument pas que cet environnement est optimal pour nous.
 
L’adaptation fait au mieux avec ce qu’elle a, rien de plus.
Etre adapté à vivre avec 10 euros par jour n’implique pas qu’on vive moins bien avec 100 euros par jour – essayez si vous en avez l’occasion ! Le fait est que l’environnement de l’homme change constamment, et que l’on s’y adapte en continu. Nous nous sommes par exemple adaptés à consommer beaucoup de lait depuis le Néolithique2. Le prix à payer est un certain retard de l’adaptation sur l’environnement, qui se manifeste par un « fardeau génétique ». Pour minimiser ce fardeau, deux options sont possibles: ajuster le corps à l’environnement (c’est en gros ce que cherche à faire la médecine curative) ou bien adapter l’environnement au corps (c’est ce que fait par exemple la diététique). Les partisans du retour à l’EEA prônent aussi cette dernière solution, mais en partant du principe que l’environnement idéal est l’environnement « originel », ce qui nous l’avons vu est un raccourci grossier.
 
Stop, stop, stop !
Se raccrocher à des adaptations passées ressemble à une forme extrême de conservatisme. Lorsque l’on sait que l’on hésite à réintroduire des bouquetins d’europe centrale pour renforcer les populations françaises, en raison de possibles incompatibilités génétiques, il n’y qu’un pas à franchir pour prôner un isolement des ethnies humaines afin de préserver leurs adaptations respectives…
 
A quand une immigration choisie sur critères adaptatifs ?
 
1- Pléistocène : de - 2 millions d’années à
- 11000 ans.
2- Néolithique : de - 7000 ans à - 3300 ans.
 
Paul & Mick
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Rencontre
Hommes, Femmes, Monogamie
 
Frank Cézilly est actuellement professeur à l’Université de Dijon, et y dirige le Master “Gènes, Sélection, Adaptation”.
Il est l’auteur du Paradoxe de l’hippocampe, une histoire naturelle de la monogamie (Buchet Chastel, 2006), de nombreux articles scientifiques et de vulgarisation et de chapitres d’ouvrages scientifiques. Il a également co-dirigé l’écriture du premier livre d’Ecologie Comportementale dans la langue de Molière (Dunod, 2005).
 
Plume : Frank Cézilly, qu’entend-on par « Monogamie »?
Frank Cézilly : Dans son sens le plus simple, le terme monogamie renvoie à la formation d’un lien social exclusif entre un unique mâle et d’une unique femelle au cours d’au moins un épisode de reproduction. Cette monogamie peut être à long terme, c’est-à-dire que les mêmes couples se reforment à l’identique d’année en année comme c’est le cas chez certains oiseaux comme l’albatros, ou n’être qu’éphémère et se limiter à une seule tentative de reproduction. Il faut aussi établir une distinction entre monogamie sociale et monogamie génétique.
Le fait que deux individus forment un couple n’implique pas forcément une fidélité sexuelle à toute épreuve. On connaît beaucoup d’espèces d’oiseaux socialement monogames où il arrive régulièrement que des mâles élèvent des poussins dont ils ne sont pas les géniteurs. La monogamie absolue est certainement un fait exceptionnel dans la nature.
 
P : Quand est-elle apparue chez l’espèce humaine ?
F. C. : Il n’est pas facile de dater précisément l’apparition de la monogamie au sein de l’espèce humaine. Cependant les données génétiques disponibles indiquent un développement de la monogamie il y a environ 5 à 10 000 ans. Mais il s’agit là d’une appréciation générale. Il est possible qu’une peuplade ait adopté un régime d’appariement monogame auparavant. Cependant, il est vraisemblable que la monogamie était marginale à l’échelle de l’ensemble de la population humaine à l’aube de l’humanité.
 
P : La monogamie prédomine-t-elle chez l’espèce humaine ?
F. C. : Pour répondre à cette question il faut différencier deux niveaux d’analyse. Si l’on s’adresse aux différentes cultures humaines, alors on peut évaluer que la monogamie n’est pas le régime matrimonial le plus courant. Il ne concerne que 15 à 20% des sociétés humaines. La Polygynie (c’est-à-dire l’union d’un seul homme avec plusieurs femmes) est bien plus courante. Encore faut-il préciser qu’au sein des sociétés ou la polygynie est tolérée, ou est la règle, seul un petit nombre d’hommes sont polygynes. Il ne faut pas oublier qu’il naît à peu près le même nombre de garçons que de filles. Quand le sexratio est à l’équilibre, le fait qu’un homme accapare plusieurs épouses implique que d’autres n’en n’auront aucune. Du coup, on trouve beaucoup d’hommes mariés à une seule femme au sein des s o c i é t é s d i t e s polygynes. Dès lors si l’on ne regarde plus le pourcentage de sociétés monogames, mais le nombre d’hommes sur terre qui pratiquent, bon gré mal gré, la monogamie, on peut alors affirmer celle-ci domine très nettement aujourd’hui.
 
P : Qu’en est-il du reste du monde animal ?
F. C. : La monogamie est un phénomène quasi-ubiquiste au sein du règne animal, mais est toujours présente à petite dose, à l’exception des oiseaux où environ 90% des espèces sont socialement monogames. La monogamie est présente chez certains parasites comme par exemple les schistosomes. On la retrouve chez certains insectes comme les termites et certains scarabées et chez certaines espèces de crustacés terrestres ou aquatiques. Chez les poissons, la monogamie est bien représentée chez certains groupes comme les Cichlidés ou les hippocampes. Elle reste exceptionnelle chez les reptiles et les batraciens. Chez les mammifères, elle ne concerne guère que 5% des espèces. Seules 12% des espèces de primates peuvent être considérées c o m m e monogames.
 
P : La monogamie ne constitue-t-elle pas un paradoxe évolutif ?
F. C. : En effet, la monogamie peut sembler paradoxale d’un point de vue évolutif. Ceci tient à un phénomène bien connu des biologistes, l’anisogamie. Ce terme scientifique évoque la différence fondamentale qui existe entre les sexes mâle et femelle dans la production de gamètes. Par définition, un mâle est un organisme qui produit en grande quantité des gamètes de petite taille, dénués de substances de réserve, les spermatozoïdes. Une femelle est un organisme qui fabrique en nombre limité de gros gamètes, chargés de réserves, les ovules.
La biologie évolutive analyse les stratégies comportementales à partir de leurs conséquences en termes de diffusion des gènes des individus à la génération suivante.
La logique est simple: un gène ne peut se propager au fil des générations que s’il confère à l’individu qui le porte une meilleure capacité à survivre et se reproduire. De ce point de vue, on s’attend à ce que les mâles qui produisent beaucoup de gamètes cherchent à féconder le plus grand nombre possible de femelles. A l’inverse, il suffit dans la plupart des cas aux femelles de s’accoupler avec un seul mâle pour féconder tous ses oeufs. Les mâles tireraient donc le plus grand bénéfice de la polygynie alors que pour les femelles la monogamie, voire la polyandrie (association d’une seule femelle avec plusieurs mâles, très rarement observée dans la nature mais pas inexistante pour autant), seraient à privilégier.
Cependant, ces considérations font fi des circonstances environnementales. Il ne sert à rien à un mâle de féconder plusieurs femelles si celles-ci ne disposent pas ensuite de ressources suffisantes pour survivre et élever leur progéniture. Pour que les mâles deviennent polygynes encore faut-il que les ressources ou les femelles soient distribuées dans l’environnement de telle façon que les mâles les mieux pourvus puissent en obtenir le contrôle. Lorsque les conditions écologiques sont telles que les ressources et/ou les femelles sont très largement éparpillées, les mâles n’ont d’autre alternative que de s’engager dans la monogamie.
 
P : Quelques mots à propos du divorce…
F. C. : La monogamie sociale n’implique pas que les couples restent unis indéfiniment. C’est le cas chez certaines espèces, mais c’est loin d’être la règle. Les couples se séparent donc et se recomposent et, précisément, une partie de mes recherches actuelles consistent à comprendre quels facteurs modulent l’attachement entre partenaires au sein des couples monogames. Les cas de “divorce” ne sont pas rares dans la nature, notamment chez les oiseaux, et nous avons déjà montré dans mon laboratoire que le succès reproducteur était, globalement, un facteur déterminant du maintien des liens du couple. Nous cherchons maintenant à comprendre de manière plus fine comment cet effet se construit.
 
P : Que reste-t-il donc de nos amours ?
F. C. : L’amour est un sentiment, sans doute indissociable de la notion d’attachement. Certains auteurs voient dans l’attachement une forme d’addiction. Je n’ai rien contre cette opinion car elle ne fait qu’établir un rapprochement entre les mécanismes neurobiologiques qui opèrent dans certaines addictions (drogue, alcool, …) et ceux qui paraissent être impliqués dans le phénomène d’attachement à un partenaire.
L’évolution nous a dotés de la capacité de forger un lien affectif avec d’autres individus dans un contexte socio-sexuel. Nous ne sommes pas les seules espèces ainsi dotées, mais nous sommes les seuls à en être conscients. En même temps, l’activité sexuelle a pris une dimension sociale, bien au-delà de sa finalité reproductrice. Il relève donc de notre liberté de choisir comment nous conjuguons nos sentiments amoureux et nos pulsions sexuelles. A cet égard, le spectacle de la nature nous invite seulement à respecter la diversité.
Aucune morale “naturelle” ne saurait s’ériger en ordre social, c’est du moins le point de vue que je défends.
 
Propos recueillis par Romain
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L’effet Papillon
Le coup de foudre chimique
 
La part de l’olfaction, dans l’attraction et la séduction animale est importante, voire prédominante. A l’heure de l’asepsie, du tout déo et de la biologie évolutive humaine sommes-nous tous des papillons, grisés et éblouis par l’odeur d’aisselle ?
 
L’homme sous sélection naturelle?
Le chercheur suisse C. Wedekins, a fait choisir à des hommes et des femmes des T-shirts imprégnés d’odeurs de différentes personnes, dont le CMH1 est connu. Il a trouvé qu’il existe une préférence pour les vêtements appartenant à des gens dont le CMH est le plus différent de celui qu’on a soi-même. Or, qui dit préférence, dit choix … une sélection sexuelle a ainsi été mise en évidence chez l’Homme…
 
Les Zavatta du gènes
Deux facteurs pourraient expliquer la mise en place de ce système d’incompatibilité. Tout d’abord, l’homme est porteur de mutations « cachées » dans l’une des copies de ses gènes. Ces copies peuvent êtres transmises à leurs enfants.
Si deux individus transmettent chacun une mutation à leur descendant, celui-ci n’a plus de copie non mutante du gène et il est malade.
Des individus parents peuvent avoir hérité chacun d’une copie mutante par l’un de leurs ascendants. Pour cette raison, s’ils se reproduisent ensemble ils ont plus de risques d’avoir des enfants malades que s’ils se reproduisent avec des personnes qui ne sont pas de leur famille. C’est l’hypothèse invoquée par Wedekins. On pourrait aussi imaginer, puisque le CMH est impliqué dans l’immunité, que la sélection ait lieu à un autre niveau.
 
Cupidon ne met plus de déo
On suppose qu’un système immunitaire muni de diversité permettra une défense contre une plus grande quantité de pathogènes. Des parents apportant à l’enfant des CMH différents conféreraient cette diversité. Il y aurait donc avantage pour les individus capables de choix de partenaire.
Quelque soit le facteur impliqué, si ce n’est les deux, des indices de sélection sexuelle liés à l’odeur sont donc mis en évidence. Mais bien sur d’autres critères (visuels,sociaux) entrent probablement aussi en jeu. (probablement oui…, ndlr).
 
Au prochain regard incisif, jeté par une personne qui semble aussi parfaite qu’inconnue, ne cherchez pas Cupidon aux alentours, mais positionnez vous plutôt dans sa traînée olfactive, pour vérifier avant tout contact, si elle a un bon CMH !
 
 
1- Complexe Majeur d’histocompatibilité
Composant essentiel du système immunitaire, sa forme est propre a chacun, comme l’est l’empreinte digitale.
 
 
Aurélie
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Viens voir le docteur
Les Adaptations du corps Humain
 
Homo sapiens sapiens, l’homme savant savant, n’en est pas pour autant chétif. Pour s’imposer dans un milieu qui fût hostile et sauvage, le seul bipède sans plume a su utiliser le contenu de sa boîte crânienne, son adaptabilité physiologique et sa culture.
Plume explore votre corps à la recherche de ses plus beaux atours !
 
Toutes les espèces n’ont pas les mêmes répartitions géographiques. Ces différences ont vu émerger la richesse spécifique actuelle qui fait que certaines espèces sont très localisées et spécialisées.
Bien peu d’espèces ont une aire de distribution mondiale et la majorité des espèces est adaptée à un environnement plus ou moins localisé.
L’Homme en revanche est présent sur tous les contients et étend sa bipédie sous toutes les latitudes. De ce qu’il reste du Népal, à la forêt tropicale et au désert du Kalahari via l’Alaska, on peut parler de différences drastiques de conditions écologiques aussi bien d’ordre climatique que biotique comme le type de végétation. Mais l’homme ne s’embarrasse pas de si peu !
 
Chauffe Marcel
Pour répondre aux variations de températures, de nombreux mécanismes nous permettent de maintenir une
température corporelle stable. Lorsque la température extérieure augmente ou en cas d’effort, la chaleur est évacuée par la peau grâce à la sudation, aux ajustements circulatoires (qui induisent une dilatation des vaisseaux), mais aussi par l’air expiré et les urines. A l’opposé, dans une situation de froid, la contraction des vaisseaux sanguins limite la perte de chaleur. Les frissons constituent une activité musculaire produisant de la chaleur et redresse notre système pileux qui emprisonne ainsi une plus importante couche isolante d’air.
Dans la plupart des groupes d’animaux à sang chaud, aussi bien oiseaux que mammifères : la réduction de la taille des appendices par rapport à la taille corporelle totale chez les formes vivant aux plus hautes latitudes donc dans des biotopes plus froids. Cette notion (règle d’Allen) qui s’applique très bien à la taille des oreilles des renards peut être appliquée aux groupes humains comme le montre la comparaison de la longueur relative des membres d’un Africain nilotique ( riverain du Nil, ndlr), longiligne qui vit dans des milieux très chauds et à l’opposé d’un Esquimau, bréviligne car adapté aux milieux froids, le raccourcissement des membres diminuant la perte de chaleur corporelle par radiation en diminuant le rapport de la surface au volume. L’ensoleillement a également des conséquences sur l’Homme.
En fonction du lieu où nos ancêtres ont évolué, correspond une couleur de peau plus adaptée, constituant la part génétique de l’adaptation.
A cela s’ajoute une part inductible par les conditions environnementales ponctuelles : le bronzage.
 
Les bienfaits de la grimpette
De même, face à un gradient altitudinal, nous possédons plusieurs mécanismes nous permettant de faire face à la baisse en pression partielle d’oxygène avec l’altitude.
Une rapide réponse physiologique se met en place : augmentation de la ventilation, de la fréquence cardiaque, ainsi qu’une diurèse qui en éliminant une partie du plasma sanguin augmente la proportion de globules rouges dans le sang (cette proportion est le fameux taux d’hématocrite…, ndlr). A partir de trois semaines environ, une augmentation importante du nombre de globules rouges permet un transport de l’oxygène accru.dans le sang est observable. Ceci est la conséquence d’un pic d’EPO (l’erythropoïétine est une hormone qui agit comme facteur de croissance des précurseurs des globules rouges dans la moëlle osseuse) dans les premiers jours d’exposition à l’hypoxie d’altitude. (à l’insu de votre plein gré, ndlr).
 
La culture comme «catalyseur»
Ces adaptations physiologiques vont évidement de paire avec le mode de vie particulier de l’Homme. Il peut palier certains manques physiologiques par des outils. Les traditions vestimentaires (autant chez les Inuits que chez les Touaregs) et le développement d’outils ont permis à l’homme d’élargir sa niche écologique originelle. La transmission horizontale d’une personne à une autre via le langage (opposé à la transmission
génétique, dite “verticale” parent-enfant) permet de transmettre des outils et des idées rapidement offrant ainsi la possibilité de s’adapter à un environnement nouveau sans attendre une mutation génétique rare et de diffusion plus lente. L’Homme adapte ainsi son environnement à ses besoins et ses contraintes grâce à l’agriculture et à la construction d’habitations.
 
Cette aptitude à modeler le paysage fait de lui la cause de la sixième grande crise d’extinction massive que connaît la Terre.
Léa
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Rencontre
L’ADN à l’assaut de notre histoire
Quand les généticiens vont gratter des vieux os, c’est notre propre destinée qu’ils étudient.
 
Michaël Blum est actuellement Chargé de recherche ( CR2 ) au CNRS de Grenoble. Il a effectué son postdoctorat dans le labo de Noah Rosenberg, Université du Michigan. Il a publié de nombreux articles de génétique des populations et de phylogénie, qui constituent ses problématiques de recherche en biologie de l’Evolution.
 
 
Plume : La grande quête humaine, spirituelle et scientifique, est de savoir d’où venons nous et qui sommes nous. En quoi la génétique des populations, peut-elle apporter un éclairage neuf à ces questions existentielles ?
Michaël Blum : D’une certaine manière, la réponse à cette question se trouve dans le sous-titre du livre de Luigi Cavalli-Sforza, « Qui sommes-nous ? » qui est «Une histoire de la diversité humaine». Répondre à la question de nos origines, c’est déjà un peu savoir qui nous sommes. Par chance, l’histoire de l’homme, sa démographie passée, a laissé des traces sur la diversité génétique des populations humaines, traces que le généticien des populations se propose d’identifier.
 
P : Comment pouvez-vous affirmer ou réfuter les hypothèses des anthropologues ? Quelles sont vos techniques?
M.B. : La génétique des populations étudie principalement deux aspects de la diversité génétique : la variabilité des gènes au sein des populations, et les différences génétiques entre les populations. La première notion nous renseigne quant à la taille d’une population, sa démographie, et la seconde reflète le degré de divergence entre populations.
Par exemple, la diversité génétique de l’ensemble de la population humaine correspond à un groupe comprenant seulement 10 000 âmes environ. Une interprétation de ce résultat, apparemment surprenant, consiste à dire que nous d e s c e n d o n s tous d’un g r o u p e restreint qui comprenait une dizaine de milliers d’individus. Cette faible diversité supporte le scénario appelé «Recent Out of Africa» en Anglais, que propose certains anthropologues pour décrire l’évolution de l’homme. Dans ce scénario, les hommes modernes descendraient d’une population d’Homo sapiens qui aurait quitté l’Afrique, il y a environ 100 000 ans, et qui aurait remplacé les autres populations humaines, Homo erectus et Homo neanderthalensis, qui étaient présentes en Europe et en Asie. Pour faire plaisir à M. Toubon, précisons qu’il existe des expressions françaises pour nommer le scénario «Recent Out of Africa», on trouvera ainsi le modèle de «l’Arche de Noé», celui du «Jardin d’Eden». Les anthropologues ne croquent pas tous dans le «jardin d’Eden ».
Ainsi, Milford Wolpoff, chantre du modèle dit « multirégional », pense que nous sommes les descendants de différentes populations d’Homo erectus qui auraient quitté l’Afrique, il y a moins de 2 millions d’années. Son émergence est donc le fait de différentes populations d’Homo erectus, reliées les unes aux autres par des mouvements migratoires.
Ce scénario s’accommode mal de la faible diversité génétique observée dans la population humaine.
 
P : Il y a t il du Neandertal en nous ?
M.B. : Cette question tient à la différenciation génétique entre populations.
Peut-on considérer que le degré de différenciation génétique entre Neandertal et l’homme moderne est tel que l’on puisse en déduire que Homo neanderthalensis ne faisait pas partie de la même espèce qu’Homo sapiens ? Autrement dit, est-il monté dans l’arche de Noé ? L’hypothèse alternative, celle défendue par Wolpoff et les adeptes du modèle multirégional, soutient au contraire qu’il y a du Neandertal en nous, comme 5000 ans de présence commune en Europe, d’hommes de Cro-Magnon et d’hommes de Neandertal pourrait le laisser présager.
Cette problématique de mélange ancien entre populations a fait un bond en avant à la fin des années 90 quand l’équipe du généticien Svante Pääbo a séquencé de l’ADN mitochondrial1 d’homme de Neandertal, vieux de plus de 30,000 ans. A l’époque, la forte différence entre les séquences Neandertaliennes et celles des hommes modernes avaient fait dire aux auteurs qu’il n’y avait sans doute pas de Neandertal en nous. De nombreux auteurs ont toutefois tempéré ce résultat en précisant que même en présence de mélange entre les populations ancestrales, les allèles2 Neandertaliens avaient pu être perdu par simple dérive génétique (la dérive génétique est responsables sous le simple fait d’un petit effectif, de la perte d’allèles rares, sans action de la sélection).
Cette question va sans doute bientôt connaître son dénouement puisque différentes équipes séquencent en ce moment de l’ADN nucléaire d’hommes de Neandertal. Au lieu de disposer d’un seul marqueur moléculaire3, comme c’était le cas avec l’ADN mitochondrial, les chercheurs disposeront d’un plus grand nombre de marqueurs pour détecter la présence ou l’absence d’allèles Neandertaliens en nous.
 
P : Le reconnaîtrions nous dans la rue ?
M.B. : Cavalli-Sforza raconte dans son livre « Qui sommes-nous », qu’il trouve toujours des personnes lui certifiant avoir croisé un homme de Neandertal dans le métro.
 
Avec son bourrelet osseux au dessus des orbites oculaires, son front fuyant et son absence de menton, nul doute qu’il ne passerait pas inaperçu.
 
 
1- Mitochondrie : Centres de production
énergétiques de nos cellules, des bactéries recrutées à l’aube de la vie, possédant leur propre génome (mitochondrial, donc). Les spermatozoïdes en embarquent pour se mouvoir, mais elles ne passent pas la barrière de la membrane de l’ovule, seules nos mères transmettent ces “bactéries domestiquées”.
L’étude du génome mitochondrial permet d’inférer des hypothèses sur la lignée maternelle.
2- Allèle : Terme désignant une version de gène, un gène remplissant une fonction précise, mais qui peut-être codé de différentes façons au niveau de l’ADN lui-même.
3- Marqueur Moléculaire : Les généticiens sont des Sherlock Holmes. Les marqueurs moléculaires sont leurs indices.
 
Propos recueillis par Vincent
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Perspectives
 
Biodiversité : Éclairages et Enjeux (II)
Conservation des ressources
 
La biodiversité est définie comme l’ensemble des organismes vivants sur terre (y compris nous même). Cette belle et exploitable diversité, est surtout nécessaire au maintien dynamique d’un écosystème. La conservation regroupe la sauvegarde des ressources génétiques, les tentatives de maintien et de protection des effectifs survivants.
De cette arche de Noé, se dessinent deux profils principaux de conservation de la biodiversité : la conservation in-situ c’est-à-dire dans le milieu naturel et la conservation ex-situ. La conservation in-situ est la stratégie idéale, toutefois, sa mise en place n’est pas toujours possible.
 
Les stratégies de conservation ex-situ sont requises dans les cas de destruction d’habitats d’espèces rares ou d’espèces en voie de disparition. Elles peuvent par exemple être incarnées par la conservation de gènes dans des banques de semences, des mises en cultures spécifiques, des nurseries dans des zoos et des parcs. Ces méthodes sont utilisées en dernier recours, ou à titre utilitaire (sélection variétale, recherche…).
 
L’idée de parc national a été formulée dès 1832 par le peintre américain George Catlin (1796-1872). De retour d’un voyage dans l’Ouest, il propose une politique de protection par le gouvernement d’un « parc contenant hommes et bêtes dans toute la beauté sauvage de leur nature ». La première réserve naît aux États-Unis où Abraham Lincoln, le 30 juin 1864, déclare terrain public inaliénable la vallée du Yosemite en Californie. C’est cependant Yellowstone, à cheval sur les États de l’Idaho, du Montana et du Wyoming, qui doit être considéré comme le premier parc national au monde en 1871. En France, un parc est défini par une portion de territoire qui est classée par décret à l’intérieur duquel faune, flore et milieu naturel sont protégés de l’action de l’homme.
Parcs et réserves se sont depuis multipliés à toutes les échelles, mais principalement dans les zones non encore envahies par les activités humaines. Le cas échéant, une forte politique de compensation et de dialogue devrait être indissociable de l’activité de protection. Le cas échéant, les activités rejetées en dehors de la zone protégée vont s’ajouter à la pression déjà grande des usages alentours (habitats fragmentés, surpâturage, chasse mal intégrée, urbanisme).
Ces cloches hermétiques à l’homme, entraînent un arrêt des usages, qui ont sinon façonné le parc (Parc National des Cévennes), modelé son visage (Parc National des Pyrénées). Un écosystème anthropisé est complexe et dynamique; certains cas de sauvegardes, nécessitent une forte intervention humaine. Par exemple, l’arrêt total du pâturage qui maintenait un milieu ouvert a fait piquer du nez les populations et stations d’orchidées cévenoles.
 
La gestion concertée, vision empruntée à la gestion d’entreprise et d’industrie, a pointé son nez il y a une trentaine d’années.
Les « cloches » ont donc laissé la place à des rencontres plus ou moins amicales mêlant dans l’idéal, usagers, décideurs et élus.
Les acteurs locaux, ainsi impliqués et informés, modifient leurs procédés (agriculture, fréquentation, etc…) en contrepartie d’aides financières.
 
La concertation est bien plus qu’une simple consultation : c’est une validation par les acteurs locaux des diagnostics, des objectifs et des priorités d’actions fixés et élaborés avec eux.
Bien qu’il soit évidemment nécessaire de maintenir certaines zones « vierges » d’activités humaines nous avons pu passer à d’autres méthodes plus en accord avec l’évolution démographique de notre société.
 
Car développement humain et biodiversité ne sont pas forcément inconciliables.
 
Marion
<Sommaire>
 
Quand le WWF piétine les Droits de l’Homme
 
Coming Out of Africa
 
Qui n’a pas en mémoire la voix tremblante du commandant Cousteau lancinant «Quand j’écoute mon coeur, quand j’écoute ma foi - et j’ai la foi en l’humanité - alors je deviens très optimiste » ?
 
L’histoire vraie qui impose que j’utilise la première personne ici, s’est déroulée il y a peu, dans un pays d’Afrique Centrale dont je tairai volontairement le nom.
Les discours conservationistes, nous les avons tous en tête, de façon consciente ou non.
Le WWF (World Wildlife Fundation), moi, j’y croyais dur comme fer jusqu’à ce que j’aille en Afrique. Voici ce qui m’a fait changer d’avis.
 
De grands penseurs avec de beaux diplômes ont décidé depuis quelques années de créer des Parcs Nationaux pour protéger cette belle nature dans laquelle ils voient l’avenir de l’humanité. En soit, cela n’est pas une mauvaise chose, quand on voit la vitesse avec laquelle les forestiers abattent les arbres pour faire nos meubles $}*μ% et £¤ù§#. Seulement ils ont oublié un tout petit détail : c’est que sur ces terres “protégées” vivent des gens. Là-bas, ces habitants n’ont en théorie plus le droit de jouir de ce qui a été leur terre depuis des millénaires, et qu’ils n’ont pas massacré à l’occidentale pour autant.
Les Parcs Nationaux sont joliment tracés sur des cartes : les animaux protégés n’ont qu’à rester sur leur terrain de jeu, et les hommes, expulsés, dans leurs maisons de tôle.
Bref, chacun chez soi. S e u l e m e n t voilà, il arrive parfois qu’un animal bigleux ne voit pas bien la ligne de démarcation entre parc, et nonparc (et c’est vrai que sur le terrain, ça n’est pas toujours aussi simple de s’y retrouver qu’avec un GPS…).
C’était le cas de cet éléphant peutêtre plus gourmand, plus taquin que les autres, qui avait pris l’habitude d’aller manger les maigres plantations de subsistance d’un père de famille (banane, canne à sucre, manioc…) côté « non-parc ».
Cela faisait plus de 2 ans paraît-il que ce même éléphant répétait ses saccages. Un jour, le monsieur en a eu marre. Il a sorti son fusil et… Boum, plus d’éléphant.
Et puis, l’éléphant, ça lui permettrait de nourrir sa famille pendant plus de 2 semaines…
Tout le village a vite été au courant (c’est difficile à cacher, un éléphant) et le WWF est arrivé. Les « pointes» étaient encore sur l’animal déjà partiellement décharné.
Les dirigeants du WWF locaux, ont expressément demandé que l’on dénonce l’auteur de cet acte abominable.
Le WCS ( Wildlife Conservation Society) s’en est mêlé, pas les chercheurs sur place. Il y eût des menaces. Il fallait dénoncer le tueur « pour l’exemple ».
Quelqu’un a fini par parler. Et l’abominable tueur a été vilainement torturé.
 
Je ne commenterai pas la chute de cette histoire. Les mots me manquent.
 
Eléonore
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Bjork est chaude des pieds
Bain de Boue
 
Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme, ce principe, énoncé par Lavoisier, illustre le concept de l’energie géothermique. Le principe est simple : extraire de l’énergie contenue dans le sol grâce à une pompe à chaleur afin de l’utiliser sous forme de chauffage ou d’électricité. Une pompe à chaleur génère de 3 à 4 kWh d’énergie calorifique pour 1kWh d’électricité consommée. Nous ne détaillerons pas dans cet article la technique en elle même, mais sachons que la chaleur est produite par la radioactivité naturelle des roches, et des reliquats de la formation de notre orange. Il en existe 4 types de géothermie : la haute (>180°C), et la moyenne (100°C-180°C) servent à la production d’électricité ; la basse (30°C-100°C) sont utilisées comme source de chaleur.
 
Une page d’histoire
Une première mondiale: en 1904 en Italie à Larderello, la géothermie produit de l’électricité pour la première fois. Il faudra alors attendre 26 ans pour que le premier réseau moderne de chauffage urbain soit installé à Reykjavik en Islande. Peu à peu des réseaux de chaleur vont dès lors se développer de part le monde. En 40 années, la puissance géothermique a augmenté d’un facteur vingt, passant la production à 8000 MW à la fin du siècle. De nos jours, il est possible de bénéficier d’un crédit d’impôt en vue de valoriser les équipements économiques utilisant les énergies renouvelables…sans parler de volonté politique franche, c’est un premier orteil vers une orientation écologique et raisonnée.
 
Le Victorinox de Reykjavik
Pour le chauffage urbain, les pompes à chaleur sont utilisées pour chauffer ou pour rafraîchir les maisons et les bureaux. Un fluide caloriporteur ( qui trimballe de la chaleur, ndlr ) circule dans un circuit : à l’état liquide, il récupère la chaleur de l’eau chaude de la nappe et se transforme ainsi en gaz. Comprimé, puis détendu, il retrouve son état liquide et cède alors sa chaleur au circuit de chauffage du bâtiment. L’été, le système peut s’inverser et “pomper” la chaleur du bâtiment pour la restituer à la nappe. A titre indicatif, pour une maison de 100m2, à Paris, le chauffage au fioul représente un coût de 700euros, avec du propane 1300euros et 580euros avec du gaz naturel. Des études ont montré une économie de 75% sur notre budget chauffage. Ainsi on utilise la géothermie dans l’agriculture, la pisciculture et l’industrie que ce soit pour le chauffage des serres, ou pour maintenir l’eau des bassins à une température constante afin d’augmenter le métabolisme des poissons et crustacés. Quant à l’industrie, l’eau chaude produite est utilisée dans le lavage de la laine, dans la fabrication de pâte à papier, dans l’extraction de minerais,etc…. Dans de nombreux domaines, l’intérêt de la géothermie est double : c’est une technique à la fois économique et respectueuse de l’environnement.
 
Balance !
Le bémol principal est le coût de ces installations et la non-transportabilité de l’energie géothermique, dommage pour l’instant car… que de qualificatifs pour décrire la géothermie ! Elle est tout à la fois fiable, renouvelable, naturelle, économique, écologique, disponible, stable temporellement et ubiquitaire. Elle est présente sur tous les continents et est offerte à tous les hommes qui ont la technologie nécessaire pour extraire cette énergie afin de la développer sur un plan planétaire. Inépuisable, elle ne dépend pas des conditions atmosphériques (soleil, pluie et vent [Earth, Wind and Fire, ndlr]) dont sont tributaires toutes les autres énergies renouvelables. Les installations qui utilisent la géothermie ne polluent pas l’atmosphère, le chauffage géothermique est un chauffage « zéro rejet », sans dioxyde de souffre ni dioxyde d’azote.
 
La géothermie est simple, gratuite, illimitée et sans danger.
Isa
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Un article houleux
Vingt milles watts sous les mers
 
Déjà dans « Vingt milles lieux sous les mers », Jules Verne évoquait le potentiel énergétique de la mer. Aujourd’hui, nous n’en sommes pourtant qu’aux balbutiements de l’utilisation de ces énergies.
 
L’humanité consomme aujourd’hui environ 10 Gtep (giga-tonnes équivalent pétrole) par an. Le Gulf stream véhicule une énergie de 1000 Gtep ! Les vents à la surface des océans dissipent une énergie de 40Gtep.
Encore une preuve que les énergies renouvelables foisonnent sur notre planète…Faut-il encore pouvoir les domestiquer! Des champs d’éoliennes Offshore récoltent l’énergie du vent, souvent plus fort et régulier que sur terre, ainsi que des éoliennes sous marines ou hydroliennes distillent celle des courants marins. De grands serpents articulés savent utiliser l’ énergie de la houle, et certains barrages exploitent celle des marées. On sait même convertir l’énergie thermique et osmotique de la mer.
Comme toujours, des pseudos contraintes d’ordre technologiques et financières se posent. L’implantation, l’acheminement, la prévisibilité, sont aujourd’hui encore, les problèmes de toute énergie délocalisée.
L’évaluation préalable de l’impact écologique associé à l’utilisation des énergies marines est primordiale ! On se souvient, (ou du moins on nous a raconté, ndlr), la mise en service de l’usine marémotrice de la Rance en 1966 (Bretagne), capable d’alimenter en électricité une population équivalente à celle de Rennes…qui a aussi largement bouleversé l’environnement de la Rance, et notamment participé à son envasement…d’où la gueule de bois des écolos, et un relatif oubli.
L’espace maritime français (10 millions de km2) inspirait Jules Verne, qu’il inspire donc nos bureaucrates.
N’oublions pas que, comme toujours pour le vert, le dialogue démocratique, et le raisonnable, les prétendues contraintes techniques, financières, écologiques, bla-bla, ne sont que les contre argumentations bancales de leurs opposants les plus farouches, aux poches mazoutées et à l’honnêteté courbée.
 
Caroline
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Le Petit Bricolo-Ecolo
Petit four
Êtes-vous micro-ondes ou cuiseur solaire ?
 
Chaque jour un million de tonnes de bois partent en fumée pour les besoin de la cuisson culinaire. La terre reçoit un dix-milliardième de l’énergie émise par le soleil, cette petite part représentant, chaque heure, plus que la consommation énergétique mondiale annuelle. Pour profiter de cette énergie, nous n’avons pas tous une maison bien exposée pour installer des capteurs solaires pour produire eau chaude et chauffage. Par contre, plus surprenant, l’utilisation d’un four (cuiseur) solaire est réalisable par tous et utilisable partout en camping ou sur un balcon en ville, bien sûr les jours où il y a du soleil (le lundi, par exemple, ndlr). Un cuiseur solaire pour cuire des légumes, des fruits, de la viande, du riz, des poissons… dans lequel il est également possible de faire du pain, des desserts des confitures pour les gourmand(e)s.
Ce n’est pas la température extérieure qui compte mais principalement la clarté du ciel, on peut donc réussir des cuissons toutes l’année, il faut juste un peu plus de temps. Un cuiseur solaire, atteint des températures de 135° C, permettant de faire bouillir de l’eau pour votre thé/café, ou pasteuriser (66° C).
Pour quelle utilisation ? Le cuiseur permet une cuisson lente et sans surveillance. Son fonctionnement combine trois principes : l’absorption, l’effet de serre et l’isolation. Si on installe le cuiseur dans un endroit ensoleillé quelques heures, il est possible de mettre à cuire un plat le matin avant de partir travailler et d’avoir un repas prêt en rentrant. L’été lorsqu’il y a des fruits et des légumes en quantité dans les jardins et sur les marchés, qu’il fait chaud, et qu’il est pénible de faire cuire des heures de la confiture ; avec un cuiseur solaire il suffit de mettre les fruits plus ou moins écrasés du sucre dans le plat et d’attendre (en buvant l’apéro, par exemple, ndlr). Pas besoin de tourner et de rester des heures devant son fourneau, si l’on est très distrait on arrive à de la pâte de fruit… En octobre cela marche aussi, ce samedi matin j’ai préparé un crumble aux pommes. Et ce matin en partant j’ai mis dans mon four solaire du riz.
Alors il ni aura jamais de micro-onde chez moi.
Chantal
Miroir mon gros miroir
Gros Four
Le CNRS voit large
 
Odeillo, petit village des Pyrénées Orientales situé à 1500m d’altitude n’est pas seulement connu pour son ensoleillement record et sa charcuterie, mais surtout pour son four solaire mis en service en 1970. Le four solaire d’Odeillo, géré par le CNRS, est constitué d’un réflecteur parabolique fixe d’une surface de 1830 m², éclairé par un champ de 63 héliostats (miroirs réfléchissants suivant le mouvement du soleil) totalisant près de 3000m². Le foyer du réflecteur parabolique a une puissance maximale de 1000 W/cm² avec une gamme de températures de 800°C à 3800°C. La vocation première du four solaire était de réaliser des recherches sur les matériaux de hautes températures. Avec le choc pétrolier de 1973 les activités du four furent tournées vers les chaudières solaires puis rapidement abandonnées en raison d’une politique française tournée vers le nucléaire. Ce n’est que depuis 2003, dans un même contexte énergique inquiétant que les projets du CNRS se sont de nouveau tournés vers l’énergie solaire mais aussi sur le confinement de certains déchets nucléaires…
Face aux différents problèmes énergétiques et environnementaux qui se posent aujourd’hui, l’énergie solaire est de nouveau sous les feux de la rampe. En effet comment pourrait-on ne pas se (re)pencher sur cette source d’énergie « inépuisable » ( au moins localement ) ? Le CNRS étudie des procédés permettant de produire de l’électricité ou de l’hydrogène avec un taux d’émission de CO2 faible ou nul à partir de la chaleur primaire (20°C à 3000°C) issue de la concentration du rayonnement solaire. L’énergie solaire sera peut-être l’une des premières énergies renouvelables permettant de diminuer notre dépendance vis-à-vis du nucléaire …
 
Méric
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L’Empire d’essence
Pétrole : Bilan, Alternatives
Rien ne sert à l’homme de vouloir gagner la lune s’il perd la terre”. François MAURIAC
 
Nous sommes envahis par le pétrole ! Tout autour de nous, le plastique de notre bouteille d’eau, de l’ordinateur, le bitume, l’huile et l’essence de la titine, le gaz de la cuisinière, le fioul du chauffage, le kérosène du bombardier nucléaire, jusqu’à nos vêtements : par-tout !
Nous sommes entourés de pétrole. Le hic, c’est que cette ressource se raréfie, mais pas notre lien à elle. En attendant ce moment fatidique que les experts situent entre 2040 et 2050, le pétrole deviendra une denrée très rare, très chère et toujours très polluante !
La demande est en augmentation croissante pour ce produit non renouvelable, à la base de notre système énergétique, économique, et géostratégique. C’est tout un système à repenser, un système devant être basé non plus sur une ressource unique mais sur un agencement intelligent de plusieurs ressources, autant que possible renouvelables, et gérées de manière durable.
 
Dallas n’est pas une Dynastie
Très peu de gens se préparent à tout cela. Il est difficile de penser dans ces termes. Si le pétrole est très difficile à remplacer, il est facile d’en utiliser moins, se tue à répéter Kjell Aleklett, Directeur de l’ASPO. (Association pour l’étude du Peak Oil).
Le premier moyen pour utiliser moins de pétrole est effectivement de l’économiser. Produire plus durable, aménager des industries et des transports moins gourmands en énergie, mieux réfléchir les déplacements et donc l’urbanisation dans et entre les villes sont autant de préalables au sevrage d’avec l’ère d’énergie providence à laquelle l’or noir nous a habitué. Les matières plastiques et autres produits issus de la pétroléochimie peuvent également faire l’objet d’un recyclage plus performant.
Nous avons peu de chance de découvrir un héritier unique au pétrole. Son remplacement passe donc par l’utilisation de matières spécifiques à chaque besoin et dont les bases seront renouvelables et non polluante.
 
L’énergétique après-pétrole
Plusieurs alternatives pour remplacer ce combustible hautement énergétique, ont été proposées, mais n’équivalent pas l’énergie potentielle accumulée par le pétrole. ( Le plein et hop ! 1000Km d’autonomie…).
Une grande partie de l’energie “domestique” peut être remplacée par de l’énergie nucléaire (87% de l’électricité en France d’après EDF) ou renouvelable avec l’éolienne, le solaire, l’hydraulique, la géothermie, la combustion du bois. Ses limites de production, et son association intime avec les éléments, et même son “esprit” placent d’office les énergies renouvelables dans une logique de complémentarité. Quand à l’énergie nucléaire, si elle a été une solution miracle, elle reste surtout une solution boomerang, sur le plan technique, et une solution banane sur le plan de la stabilité géostratégique. Le nucléaire est un peu une expérimentation permanente, de notre savoir-faire technologique et de notre capacité diplomatique.
 
Faut laver les betteraves avant ?
Les biocarburants, ou plutôt les « agrocarburants » tel que l’huile de colza ou l’alcool extrait des betteraves de blé, des topinambours, ou des cannes à sucre sont sérieusement envisagés. Ces techniques anciennement connues (première automobile à éthanol mise au point en 1930 !) reviennent à la mode à mesure que le prix du baril prend ses aises.
L’inconvénient majeur de cette alternative est le coût environnemental (et oui Dominique !, ndlr). Une production à grande échelle ne ferait que détériorer un peu plus des sols déjà épuisés par l’agriculture intensive. La production d’engrais, de pesticides, le transport pour l’acheminer puent les gaz d’échappements. Nous irions vers une déforestation intensive des pays “sous-développés”, la production de biocarburant pour le « nord » remplacerait les cultures nourricières pour le « sud ». C’est la raison pour laquelle cette solution ne doit être qu’une petite partie de la contribution énergétique.
Une nouvelle source d’énergie en cours d’exploration : l’énergie à hydrogène. L’énergie des étoiles, la fusion nucléaire, elle n’est pas encore rentable énergétiquement.
Bien sûr, il ne faut pas oublier l’énergie « animale », probablement la plus propre qui consiste à prendre ses pieds, son vélo ou son cheval pour se rendre au travail ! De nombreuses solutions techniques existent donc en matière d’énergie nouvelles, pour les transports notamment, pour se passer du pétrole. Mais il se pose le problème de la production, il est donc nécessaire de repenser notre système comme agencement de moyens multiples plutôt que d’essayer de trouver « la » solution au pétrole.
 
Pauline Ester au fond du trou
Tous les dérivés du pétrole, dont l’industrie est capable de tout faire ou presque, et même s’ils ne représentent que 2% du pétrole brut, s’épuiseront avec lui… La recherche retourne vers des produits plus naturels et renouvelables (sac plastique en maïs, coton, lin, caoutchouc, la soie des araignées, les produits de la mer…) mais là aussi rappelons que la production va être limitée par la place, la qualité des sols et ne pourra pas satisfaire la demande. C’est la raison pour laquelle le recyclage devient très important. Aurons- nous bientôt à déterrer nos ordures pour retrouver ces matériaux indispensables à la fabrication de notre confort occidental ?
 
Feel the wall in your face
La recherche est aujourd’hui mobilisée à trouver des solutions de remplacement au pétrole : la fin des réserves est plus proche que l’on semble vouloir le croire. Le pétrole n’est plus miraculeux mais calamiteux : problème économique numéro un, problème écologique numéro un, à la base de toutes les inégalités, toutes les tensions et guerres, toutes les saloperies du XXe siècle, tristes prémices de celles à venir.
Nous sommes face à une responsabilité énorme : pour la première fois depuis que l’homme est homme, nos enfants vivront moins bien que nous. Tout à revoir, tout à repenser.
 
Puisque c’est tout un monde qu’il faut repenser, pensons le ensemble.
 
Marion
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Ma Voiture se met au vert
 
Le point sur les BioCarburants
 
Les biocarburants dans l’air
Alors que les carburants d’origine végétale (biocarburants) ont à nouveau le vent en poupe, certains parlent déjà de nouvel « or vert », mais qu’en est-il réellement ?
 
La pompe est dans le champ
Les biocarburants sont obtenus à partir de matières végétales. La transformation d’huiles végétales (colza, soja) donne du biodiesel utilisable dans les moteurs diesels alors que la fermentation de sucres (canne à sucre, betterave) fournit du bioéthanol qui sert de combustible dans les moteurs à essence. Ces biocarburants sont ensuite incorporés dans le gazole ou l’essence habituels à des pourcentages variables (de 5 à 26%).
 
C’est encore loin Kyoto ?
La combustion des biocarburants ne relâche que du CO2 préalablement fixé par les cultures. De fait, l’utilisation plus importante de biocarburants dans les transports permettrait de se conformer au protocole de Kyoto. Pour cela, il faudrait que la production agricole soit moins mécanisée car nos chers tracteurs ne roulent pas encore à l’alcool de betterave mais bel et bien… au pétrole! De façon générale, c’est l’ensemble de la filière agricole qui doit être repensée pour assurer la transition vers une agriculture durable.
 
Du blé pour pas un rond
Malgré un prix du baril de pétrole qui s’envole, la production de biocarburants n’est pas compétitive. A ce jour, la principale perspective pour produire des biocarburants économiquement intéressants serait de pouvoir transformer la lignocellulose des résidus agricoles en carburants. Une parcelle de blé pourrait ainsi servir à faire du pain mais également à faire le plein de sa voiture.
 
Mets de l’huile !
Le gouvernement français vient de s’engager à incorporer 7% de biocarburants dans les carburants conventionnels d’ici 2010. C’est une bonne chose. Pour autant, il ne faut pas s’attendre à ce que l’alcool de betterave et l’huile de colza sauvent à eux seuls le protocole de Kyoto. D’autres efforts seront nécessaires mais toute avancée est désormais bonne à prendre.
 Marc
 
 
BioGaz : Explication, Mode d’emploi
 
Dangereux & inconnu
Une molécule de méthane absorbe 23 fois plus de rayonnement qu’une molécule de CO2. Les 3/4 des émissions de méthane sont dues à des activités humaines (culture de riz, pets de vaches, décharges, exploitations de gaz naturel, mines de charbon…) et la concentration en méthane dans l’atmosphère a plus que doublé en deux siècles.
 
Recette à prendre avec des pincettes
Il te suffit de mettre quelques pelletées de matières organiques (excréments, fruits pourris, restes d’abattoir, effluents de laiterie, résidus de silos céréaliers, etc…) dans un réservoir hermétique, chauffé et brassé. Privées d ‘oxygène, la fermentation méthanogène commence, et des bactéries décomposent la matière organique. Bilan : élimination des odeurs et production du biogaz. Le rejet digéré peut être séparé, la partie solide (concentrée en phosphore) pouvant être transformée en compost et la partie liquide (concentrée en azote) utilisée comme fertilisant et ainsi rentrer dans la chaîne de fabrication d’un biocarburant. Cependant, le rejet est hautement concentré en métaux lourds. Ces polluants hautement toxiques, doivent être traités (culture de végétaux ou d’algues tolérants), ou être isolés en amont.
 
Bientôt chez nous ?
Il est rarement possible de recycler simplement les gaz à effet de serre et les prédictions actuelles estiment que le biogaz valorisable en France pourrait représenter 20% de la consommation actuelle en gaz naturel. Sa fraction valorisée n’est aujourd’hui que de 0,5%…
 Julie
 
 
L’Hydrogène à l’assaut !
 
On y croit fort, l’hydrogène associé aux piles à combustibles (PAC) à tout d’un remède miracle contre l’inquiétant épuisement de nos ressources fossiles et l’émission massive de gaz à effet de serre. Inépuisable, bien réparti, facilement transportable et propre, en somme, tout pour gagner le coeur des écolos. Mais attention, l’hydrogène est introuvable à l’état libre sur terre, il faut donc utiliser un procédé industriel de séparation de cet hydrogène lié à d’autres atomes (dans l’eau, les hydrocarbures, la biomasse). Les processus de fabrication d’hydrogène (reformage et électrolyse) mettent en jeu des investissements, des frais de fonctionnement, consomment de l’énergie et provoquent des rejets et des émissions polluantes. C’est donc là aussi l’ensemble de la chaîne, de la matière première à l’usage final qu’il faut considérer avant de crier au miracle.
Les qualités intrinsèques des PAC (bon rendement, pas de pollution locale), les progrès technique attendus et la baisse des coûts par production de masse devraient néanmoins leur permettre de pénétrer le marché.
Par contre, leur association à l’hydrogène comme la solution du long terme parait encore loin d’être acquise : elle suppose en effet la conjonction de progrès techniques importants dans les domaines de la fabrication de l’hydrogène et/ou du captage stockage du CO2, d’une forte augmentation des prix des hydrocarbures et/ou d’une forte chute du prix de l’électricité renouvelable et d’une prise en compte accélérée des problèmes d’environnement global.
 Vio
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Table Ronde
L’énergie Éolienne : Le débat
 
Table Ronde sera l’occasion de confronter les avis croisés des intervenants, pour vous fournir un éclairage objectif , les éléments de compréhension d’un sujet polémique. Les mêmes questions sont posés à tous, les réponses alimentent la réflexion.
 
Gilles Vairel est le président de Planète éolienne.
Pierre Bonn est l’ancien porte-parole de Vent de Colère.
 
Plume : Pierre Bonn, quelles sont vos positions et vos actions sur l’energie éolienne ?
Pierre Bonn : Vent de colère est une fédération d’associations absolument opposée à toute forme d’éolien industriel. L’éolien industriel a pour mission d’alimenter le réseau, en opposition à l’éolien utilisé pour alimenter directement un foyer.
En France, en 2003, la part de gaz à effet de serre, imputable à la production électrique était de 5%, qui sont le fait des centrales thermiques, l’éolien ne pourra jamais remplacer que ces 5%. Cette énergie étant par définition intermittente, une forte implantation éolienne augmente la variation de la demande et donc notre besoin de régulation, ce qui, même si cela paraît paradoxal, augmente notre besoin d’énergie thermique, d’autant plus polluante que sollicitée épisodiquement. Le MW éolien est obligatoirement et chèrement racheté par EDF, aux promoteurs, nous nous battons contre le nouvel arrêté tarifaire d’août 2006, qui va plus loin dans ce sens encore, et nous pensons qu’il n’y a pas de raisons que les Français enrichissent les entrepreneur privés.
Ainsi, nous parvenons à faire avorter 4 à 5 projets sur 10.
 
P : Que peut apporter l’énergie éolienne aux niveaux local, national et mondial ?
P.B. : Au niveau local, c’est un marché de dupes, l’Etat se désengageant les 3ème et 4ème années d’implantations, quand les retombées devraient être perçues par les communes. Les rares bénéficiaires directs sont les agriculteurs, qui en louant des terres peuvent espérer 1000 euros par MW, par an …ou plus. Le mouvement des pâles entraîne une production d’infrasons, quasi inaudibles pour l’homme mais néfastes pour la faune sauvage.
Au niveau national, cette manne de 40 à 50 milliards d’euros impliquent les acteurs des collectivités, les promoteurs et un lobbying politique, qui poussent dans la direction des entrepreneurs. Les défenseurs de l’éolien sont des écologistes frustrés, irrités de n’avoir pas été consultés par référendum sur la politique nucléaire française. Les politiques actuels et futurs sont en revanche, bien contents de notre plus faible dépendance énergétique vis à vis du pétrole.
Au niveau mondial, l’éolien n’est valable que pour les économies de subsistance. Dans un pays où il y a des TGV et es ordinateurs, on ne peut pas attendre une bouffée d’air !
 
P. : Quel est votre plus grand rêve pour l’éolien français, à l’horizon 2020 ?
P.B. : Que les citoyens comprennent cette gigantesque arnaque. Et que cette énergie soit vendue au réel prix du marché, ce qui signifierait la disparition des éoliennes.
 
Plume : Gilles Vairel, quelles sont vos positions et vos actions sur l’energie éolienne ?
Gilles Vairel : Planète éolien est pour les bons projets. Nous ne sommes pas des intégristes de l’éolien, mais des intégristes de la démocratie. La réglementation française étant devenue draconienne, les « mauvais » projets ne passent plus aujourd’hui.
On aide les projets acceptés par la population. 3 personnes peuvent créer une association « contre » ( l ’ enfouissement des déchets, un contournement, etc…), très facilement, mais cela ne se fait pas ou peu, de créer des associations « pour » (l’éolien, le traitement des déchets, etc…).
Nous nous sommes dans ce contexte, dans la mesure où le projet a été accepté par la population. Nous sommes plutôt dans le développement durable que dans un écologisme «pur et dur». Planète éolienne est plutôt une association d’associations.
 
P : Que peut apporter l’energie éolienne, aux niveaux local, national et mondial ?
G.V. : Au niveau local, c’est un outil de développement territorial, notamment en milieu rural, grâce par exemple à l’injection de taxes, pour la commune. Environ un projet sur deux vise aujourd’hui une commune en désertification.
Au niveau national, chaque MégaWatt (MW) éolien évite du MW thermique (charbon et fioul) à effet de serre ou du MW nucléaire. Il est important de comprendre que chaque MW éolien est un « plus ». Les prévisionnistes météo savent désormais, 6 heures à l’avance quelles éoliennes vont produire. Comme pour l’usine marémotrice de la Rance, par exemple, ce n’est pas une énergie qui vient « combler » à court terme, mais on peut imaginer que l’éolien terrestre et off-shore va pouvoir remplacer une, deux, voire trois centrales nucléaires, voire empêcher leur construction. Le tout éolien n’existe pas !
Au niveau mondial, l’éolien est l’energie idéale pour les pays en voie de développement, peu « énergivores ». C’est une solution propre, que nous pouvons facilement leur apporter.
 
P. : Quel est votre plus grand rêve pour l’éolien français, à l’horizon 2020 ?
G.V. : Que la maxime « Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? » soit passée dans les esprits.
Que l’on reconnaisse, la simplicité et la chance qu’incarne l’énergie éolienne.
 
Pour plus d’infos :
www.planete-eolienne.fr
www.ventdecolere.org
 
Propos recueillis par Vincent
 <Sommaire>
 
Tiens Fiston, cadeau !
L’air nucléaire